Les différents diplômes : bachelor, master, mastère, Msc, MS, MBA…

A l’origine les écoles de commerce ne proposaient qu’une seule est unique formation généraliste en commerce et management, et vous étiez diplômé de l’école X ou de l’école Y. Ce diplôme historique existe toujours, il s’appelle désormais « Master Grande Ecole » et reste la formation d’excellence des écoles. Mais ces dernières années nous avons assisté à une explosion de l’offre de formations avec l’arrivée de nouveaux noms barbares (MBA, Mastère MS, MSc, BBA…) : que se cache t-il derrière ces intitulés ? Tous les diplômes offrent-ils le même niveau de qualité ?

Les diplômes d’état (officiels) en école de commerce

Le ministère de l’Enseignement supérieur français a revendiqué l’appellation Licence – Master – Doctorat pour les diplômes universitaires, il n’y a donc qu’à l’Université que vous pouvez obtenir ces diplômes en réalité. Bien qu’elles affichent « Master » sur leurs sites ou plaquettes, les écoles de commerce délivrent un « diplôme d’école de commerce » et non un véritable « Master ». Alors en écoles de commerce, si on obtient ni une Licence, ni un Master, on obtient quoi  ?

Master Grande Ecole : Seules les Universités peuvent attribuer un Master, toutefois une trentaine de grandes écoles de commerce ont obtenu l’autorisation de délivrer le grade de master au nom de l’Etat (en plus du diplôme de l’école, et ce pour une durée déterminée de trois à cinq ans renouvelable). Le Master Grande Ecole (parfois intitulé MiM pour Master in Management ou encore MSc in management) désigne en réalité le diplôme historique des écoles en management général. C’est aussi le plus sélectif, accessible après une prépa ou en admission parallèle après un bac+2 ou 3.
C’est sur la base de ce diplôme que sont réalisés la quasi totalité des classements écoles de commerce, autrement dit la notoriété et la sélectivité de ce diplôme profitent à l’ensemble des autres formations proposées au sein d’une école.

Bachelor (BSc ou BBA) : il s’agit d’une formation bac+3 (parfois bac+4), le Bachelor n’étant pas une appellation contrôlée (contrairement à la Licence) ce diplôme peut être de qualité ou non ou fonction de l’école où il est dispensé, pour se faire celui-ci doit être visé bac+3 par l’éducation nationale. Plus d’informations sur les labels ici

Doctorat : Il est possible d’effectuer son Doctorat bac+8 en école de commerce au même titre qu’à l’Université, toutefois seules 3 écoles de commerce (HEC Paris, ESSEC, ESCP Europe) ont obtenu l’autorisation de délivrer un tel diplôme (en partenariat avec des universités).

Les autres diplômes d’école (non officiels) en école de commerce

Dans un contexte où les chambres de commerce (CCI) participent de moins en moins au financement et à la gouvernance des écoles de commerce, d’un coté les écoles continuent d’assurer leur sélectivité et notoriété via le Master Grande Ecole et de l’autre elles assurent leur survie financière en créant de nombreux autres diplômes. Ces formations, très rentables pour les écoles, sont désormais affichées sur les sites web et les plaquettes au même niveau que le véritable diplôme des écoles (le Master Grande Ecole).
Problème : il s’agit de « diplômes d’école » sans reconnaissance académique officielle, c’est à dire qu’ils ne donnent aucun vrai diplôme national et que leur qualité n’est pas reconnue par l’éducation nationale. Pour ce type de formations, sans être nécessairement de mauvaise qualité, chaque école est libre du contenu des cours, du niveau des enseignants, de la quantité d’étudiants par promo, des critères d’admission (parfois un simple dossier de candidature suffit) etc. sans que l’Etat n’ait aucun droit de regard.

Mastère, Mastaire, Master of, European Master…  Attention, si les termes sont similaires, la reconnaissance et la qualité de ces homonymes n’ont absolument rien à voir. Le problème vient du fait que le terme « master » est universel et utilisé également à l’international (= impossible pour le ministère de l’Éducation nationale de le protéger sous toutes ses formes). Autrement dit, bien que les pires établissements (non reconnus) ne peuvent pas ouvrir un « Master en management », ils peuvent jouer sur les faux amis (en créant un mastère, mastaire..) ou sur la dénomination anglo-saxonne « Master of management »… ce n’est pas interdit car l’appellation anglaise n’est pas protégée. Vous commencez à saisir la subtilité ? Voyons dans le détail ;

MBA (Master of Business Administration) : Souvent présenté comme LE diplôme bac+5 d’excellence, car ayant une appellation internationale reconnue dans le monde, le MBA a la particularité de s’effectuer généralement après plusieurs années d’expériences professionnelles (pour les véritables MBA). Derrière cet acronyme, le meilleur et le pire se côtoient : le MBA n’est absolument pas synonyme de qualité, toutes les écoles (les meilleures comme les plus médiocres) peuvent en proposer.

Master of Science (MSc) : Il s’agit d’un diplôme international de niveau bac+4 ou 5 et généralement enseigné exclusivement en anglais (à noter le cas particulier de certaines écoles qui, pour compliquer un peu les choses, intitulent leur programme Grande Ecole « MSc Grande Ecole »).

Mastère Spécialisé (MS) : Il s’agit d’une formation en 1 an de niveau bac+6, bien que souvent accessible après un bac +4 et même après un bac+3 et quelques années d’expériences. Le MS est un label (une marque) créée par les écoles membres de la Conférence des Grandes Ecoles françaises, une association privée qui n’a rien d’officiel mais qui rassemble néanmoins les meilleures écoles françaises (gage de qualité donc).

Mastère, Mastaire : Diplôme de niveau bac+5 ou 6 également, s’il n’est pas « spécialisé » alors c’est tout simplement qu’il n’est pas dispensé au sein d’une Grande Ecole et donc qu’il ne peut pas utiliser l’appellation MS (marque déposée).

Enfin en dehors des homonymes « Master », il existe aussi :

Certificat : Il s’agit d’une formation courte (une centaine d’heures) qui vient généralement compléter un des diplômes listés ci-dessus (pour acquérir une expertise supplémentaire). Certains certificats peuvent néanmoins s’effectuer seul sans être adossé à un diplôme.

Doctorate in Business Administration (DBA) : Comme pour l’appellation « Master », en utilisant les terminologies anglo-saxonne (non contrôlées) les écoles de commerce peuvent proposer des diplômes bac+8 équivalant aux Doctorats, bien qu’ils ne confèrent pas le grade de Docteur aux diplômés (impossible d’enseigner en France en Université en tant que Docteur).

Mais après tout quelle importance d’avoir un diplôme non reconnu par l’Etat (surtout si vous êtes déjà détenteur d’un vrai diplôme bac+5) ? Bien que vous n’obteniez pas un Master, ces formations sont néanmoins très utiles et pertinentes :
– pour acquérir une double compétence (vous êtes diplômé en droit, médecine etc.) et vous souhaitez avoir une couche de vernis en marketing/management,
– si vous choisissez une formation très spécifique (par exemple le management du vin, la logistique maritime, le marketing pharmaceutique etc.),
– pour obtenir un niveau d’étude (bac +3/4/ ou 5), bien que non reconnues par l’éducation nationale certaines formations peuvent toutefois être certifiées par le ministère du travail avec l’obtention d’un Titre,
– si l’école où est effectuée la formation bénéficie d’une grande notoriété (pour ajouter le nom d’une prestigieuse école sur son CV),
– pour intégrer l’annuaire des anciens de l’école, au même titre qu’un diplômé Grande Ecole (même si les diplômés du Master Grande Ecole, eux, ne vous intégreront jamais véritablement dans leur cercle).

En résumé, bilan de l’offre de formations en école de commerce

A coût de formation équivalente, privilégiez autant que possible de vrais diplômes reconnus par l’Etat. Toutefois, même non reconnus certains diplômes peuvent véritablement apporter un plus à votre carrière. Si vous avez lu tout notre article vous l’avez déjà bien compris, n’ayant aucune certitude sur la qualité du contenu de ces diplômes d’école non officiels, c’est la renommée de l’école où est dispensée la formation qui fera la valeur du diplôme.

En outre, les écoles semblent avoir dévalorisé le diplôme classique « Master Grande Ecole » en proposant de nombreuses autres formations annexes et facilement accessibles. Un peu comme ces seconds vins profitant de la marque et des infrastructures des Grandes Ecoles, du même corps professoral, mais avec une sélectivité à l’entrée plus faible et des frais de scolarité assez élevés.
De brillants étudiants, notamment issus des classes prépa, se démènent pour décrocher la meilleure école dans le cadre d’un concours sélectif. D’autres n’ayant peut être le même niveau scolaire, réalisent leurs études dans de petites écoles ou universités, et terminent par une année de spécialisation dans une très grande école de commerce pour bénéficier de sa renommée. Plutôt que d’intégrer le Master Grande Ecole au sein d’une école moyenne ou de bas de classement, on peut se demander s’il ne devient pas plus intéressant de faire un Master à l’université (peu coûteux) afin d’obtenir un véritable bac+5, puis une année de spécialisation au sein des plus prestigieuses écoles : l’accès y est beaucoup plus simple et bien que le coût soit élevé cela revient moins cher au global lissé sur la totalité des études supérieures.

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