Les diplômés se mettent à payer pour obtenir des entretiens…

De plus en plus de start-up, notamment aux USA, proposent aux jeunes diplômés d’optimiser leurs chances de décrocher un premier entretien d’embauche. Ce nouveau type de service à la carte, et payant, prouve à quel point le système actuel est à bout de souffle…

Les étudiants n’ont jamais été aussi nombreux en France, entre 2,5 et 3 millions de jeunes sont inscrits dans l’enseignement supérieur français, si on zoome sur la filière du commerce et du management cela représente tout de même plus de 100 000 étudiants en école de commerce et plus de 50 000 étudiants en IAE (les écoles universitaires de management). Alors même si toutes les écoles aiment nous faire croire qu’en sortant de leur établissement les diplômés sont uniques (avec, c’est vrai, de beaux stages dans de belles sociétés, une expérience internationale et un réseau de plusieurs milliers d’étudiants) et donc armés pour trouver un emploi, la réalité c’est que tous les CVs se ressemblent de plus en plus et qu’il est très difficile de se démarquer.

Les offres d’emploi parues sur les sites de recrutement en ligne (Apec, cadre emploi) et même Linkedin reçoivent des centaines voir des milliers de CVs, et les candidats sont souvent contraints d’envoyer des dizaines de CV pour décrocher 1 seul entretien. Pour venir en aide aux jeunes, de nouvelles start-up apportent un service de coaching en ligne, d’optimisation de CV et d’aide à la candidature. TalentWorks, une start-up californienne qui vient de lever 2,4 millions de dollars, propose un concept original qui garantit aux utilisateurs d’obtenir 1 entretien de recrutement minimum en échange d’un abonnement de 40 dollars par mois (si aucun entretien vous êtes remboursé). TalentWorks utilise notamment l’intelligence artificielle pour garantir ce résultat.

Mais l’émergence de ce nouveau type d’offre témoigne surtout du malaise dans le lequel notre système éducatif se trouve : de plus en plus de jeunes étudient jusqu’au bac+5, passent des concours sélectifs pour entrer en école, doivent financer entre 20 et 50 000 euros leurs études… et malgré tout ceci ils peinent encore à trouver un emploi, il faut désormais encore payer pour espérer sortir du lot à l’étape du choix des candidats à recevoir en entretien (et on ne parle que de l’entretien, un emploi à la clé n’est pas assuré). Bientôt les candidats devront-il payer pour être recrutés ?

 

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